Le Frelon asiatique, redoutable prédateur

 

Il n'est pas le seul, nombre d'autres représentent un danger pour l'Abeille noire, souris, oiseaux, lézards, et... l’homme, son principal ennemi lorsqu’il détruit la biodiversité par les épandages massifs d’insecticides (néonicotinoïdes), herbicides (glyphosate), antifongiques dans les vignes. Heureusement, l’Abeille noire de Belle-Île est privilégiée, l’agriculture, ici, utilise relativement peu cette agrochimie, la CCBI n’utilise plus de désherbants.

2 frelons transp

Le frelon asiatique, importé de Chine en 2004 avec des poteries, a envahi tout le territoire. Les jeunes femelles fondatrices sortent d’hibernation au début du printemps et vont fonder un nid primaire à un ou deux mètres de hauteur dans un réduit ou un buisson et y élever quelques larves qui donneront des ouvrières en un mois et demi environ. Pendant cette période la reine se nourrit surtout de sucre, recherche le miel et construit le nid en mâchonnant des écorces. La population augmentant rapidement, le nid est souvent reconstruit par les ouvrières à la cime d’un arbre, nid secondaire, fréquemment à plus de vingt mètres de hauteur.

nid second frelon

C’est à cette période que le frelon est un véritable danger pour la ruche, car en effet la quantité de nourriture nécessaire à l’élevage des larves est considérable et constituée de protéines : araignées, mouches, papillons, abeilles sauvages, et nos abeilles domestiques. En chasse, l’ouvrière se met en vol stationnaire devant la ruche et capture une abeille qu’elle découpe pour n'en garder que le thorax (muscles des ailes), qu'elle transporte au nid, et le distribue aux larves qui le broient à l’aide des mandibules, et le restituent sous forme liquide à la colonie. Ceci constitue l’apport protidique pour les larves et les adultes qui ne peuvent absorber que des bouillies (rétrécissement entre thorax et abdomen).

Cette spoliation est énorme, un calcul rapide le démontre : 3000 ouvrières dans 1 nid, 10 sorties par ouvrière par jour; un nid de Frelons asiatiques détruit 30 000 insectes par jour en été. Mais cette prédation, si importante soit-elle, n’est pas le fléau principal pour nos abeilles. Celle-ci, terrorisées défendent la ruche et les butineuses ne font plus les réserves pour l’hiver qui arrive.